Mythes et réalités

Ma voiture ne me coûte pas chère

À moins que vous ne considériez 10 000 $/an comme peu coûteux, il faudra peut-être revoir votre calcul. En effet, lorsqu’on considère l’ensemble des dépenses liées à l’utilisation d’une voiture, la facture augmente rapidement. Selon l’Association canadienne des automobilistes, on obtient un montant tout près de cette valeur lorsqu’on additionne les coûts de possession (paiement mensuel, location ou distribution du coût d’achat sur la durée d’utilisation moyenne d’un véhicule), le carburant, les assurances, les immatriculations, l’entretien, les réparations, etc. pour un usage d’environ 14 000 km/an en moyenne au Québec. Vous voulez avoir un meilleur portrait de ce que vous coûte votre véhicule? Faites un saut au calculateur de CAA ou lisez l’analyse.

Évidemment, vous ne pouvez pas répondre à tous vos déplacements à vélo. Cependant, il sera toujours plus rentable d’opter pour le transport en commun, la location d’un véhicule, l’autopartage ou le covoiturage dans ces moments plutôt que de conserver votre véhicule. Aujourd’hui, de nombreux ménages possèdent deux véhicules ou plus encore… C’est peut-être le moment d’avoir une réflexion sur le sujet. En plus d’économiser en passant au vélo ou au cocktail transport, vous réaliserez votre activité physique quotidienne et vous donnerez un coup de pouce à l’environnement et à l’économie!


C’est bien plus rapide en voiture

Vraiment? Pour des déplacements urbains, dans les secteurs ou lors des périodes où la circulation est plus dense, il arrivera souvent qu’un vélo parvienne à destination avant l’automobiliste. S’il est vrai qu’un déplacement à vélo ne peut pas nécessairement suivre la cadence, les parcours sont souvent avantageux : si vous empruntez le réseau cyclable, vous éviterez le trafic et les nombreux feux rouges. On oublie également souvent un autre élément en défaveur du temps de déplacement en automobile : le temps nécessaire pour se rendre à sa voiture dans le stationnement et celui d’en trouver un autre une fois à destination.

Saviez-vous que partir du IGA de Rock Forest pour se rendre au centre-ville de Sherbrooke se fait plus rapidement à vélo qu’en voiture? Une expérience réalisée par des employés travaillant au complexe Saint-Vincent a démontré que ce parcours prenait de 5 à 10 minutes de moins à vélo qu’en voiture sur l’heure de pointe du matin!

Pour les trajets plus court, le temps sera sensiblement le même. Par exemple, en roulant à une vitesse modérée à vélo, vous pouvez parcourir facilement plus de 5 km en 20 à 25 minutes. Vous en doutez? Faites des simulations avec Google Maps! Même pour notre exemple précédent IGA/centre-ville, Google calcule qu’il faudra 22 minutes pour pédaler ce trajet de 7.5 km. Au fait, Google est assez bon pour les simulations, il prend même en compte les dénivelés du terrain dans ses calculs.


Les cyclistes devraient payer eux aussi pour la route

Le financement du développement et de l’entretien du réseau routier n’est pas une équation directe avec le paiement d’immatriculation, de taxes sur l’essence ou du coût d’un permis de conduire. En fait, c’est d’abord et avant tout par le biais des impôts que le réseau est financé, un mécanisme qui s’applique à tous les citoyens qui gagnent un revenu. Pour sa part, le coût d’immatriculation ne finance pas le développement des routes (voir les détails ventilés sur le site de la SAAQ), pas plus que ne le fait le permis de conduire. S’il est vrai qu’une part des taxes exigées sur les carburants est allouée au budget routier, même les cyclistes les plus mordus utiliseront à l’occasion le transport en commun ou un véhicule en location, en autopartage ou en covoiturage. Ils paieront eux aussi directement ou indirectement pour du carburant, participant aux revenus.

Mais surtout, il a été démontré que le bilan net coût/bénéfice associé au vélo est positif, alors que celui automobile est négatif. Comment l’expliquer? La perte de productivité en raison des retards occasionnés par les bouchons et les accidents, le coût d’entretien des infrastructures, l’inactivité physique liée aux déplacements automobiles et ses effets néfastes sur la santé, la moindre efficacité au travail et dans les tâches quotidiennes, la pollution et la diminution de la qualité de l’air associées aux gaz d’échappement, la moindre participation à l’économie locale et bien d’autres raisons encore.